
C’est depuis 2003 que la France se trouve dans la ligne de mire de la commission européenne pour l’ouverture du marché des jeux en ligne. Les échéances toujours repoussées pourraient finalement aboutir à une législation sur les paris sportifs, certains jeux de cercle tels que le poker et peut être sur les jeux de casinos (machines a sous, vidéo poker, black jack, roulette) mais rien d’abouti avant l’horizon 2010.
En effet même si les intentions semblent cette fois au rendez vous, de nombreuses zones d’ombre persistent.
Pour Éric Woerth la réponse de la France à la situation actuelle du marché des jeux en ligne se doit d’être pragmatique. Les lenteurs sont dues à plusieurs points qui préoccupent le ministre du budget :
- L’acceptation des mineurs par de nombreux sites.
- Les problèmes liés à la dépendance
- Les filières de blanchiment d’argent
Même si le train semble se mettre en marche, la France est toujours caractérisée par une immense inertie dénoncée par le groupe Partouche depuis l’année 2000 alors que l’implantation des casinos en ligne destinées aux joueurs français commençait à se faire sentir. La mise en place d’une législation cohérente et d’une fiscalité qui prennent en compte le caractère « en ligne et international » de l’activité plutôt que son seul secteur, celui des jeux en ligne, aurait probablement permis à l’industrie française d’être aujourd’hui dans une position différente pour ne pas plus favorable.
En effet en soutenant l’industrie française de l’époque (il y a 10 ans pour les acteurs les plus anciens !) et avec la mise en place d’une réglementation appropriée, les casinos terrestres auraient aujourd’hui refait leur retard sur la concurrence en ligne. De plus les acteurs tels que Zeturf pour les paris hippiques, B3W pour les logiciels de casinos et Chili Poker pour ne citer que ceux-là, n’auraient pas été contraint de s’expatrier, exode qui de Malte à Gibraltar aura surtout eu pour conséquence de générer un manque à gagner dans les caisses de l’état français.
Avec une offre légale à hauteur technologique de l’offre illégale, le gouvernement aurait trouvé des alliés pour lutter contre la concurrence, pour mettre en place une législation adaptée au terrain et bien entendu pour payer des impôts.
Bref ce réveil plus que tardif a du se faire dans la violence avec dans le désordre :
- Les avertissements répétés de la commission européenne
- L’omniprésence de la concurrence
- La montée au créneau des grands groupes de casinotiers comme Partouche et Barrière qui voient déjà depuis longtemps se profiler les conséquences de cet attentisme inutile.
Cet essai non transformé pour la France afin de conserver coûte que coûte une situation monopolistique qui n’est plus très réaliste aura finalement empêché les professionnels de prendre le train en marche. Conséquence, la pénétration du marché devra s’effectuer, ou bien avec encore plus de retard pour les entreprises françaises qui souhaitent développer et donc contrôler leurs outils, ou bien en privilégiant des stratégies de partenariats et de croissance externe, c\'est-à-dire des alliances incluant des sociétés étrangères puisque seules celles-ci détiennent les compétences techniques et marketing. Dommage en cette période de crise ou l’industrie du jeu en ligne est encore une des seules à générer de l’emploi.
Parfois l’inaction s’avère être la pire des décisions.


