
Eh oui…Rien que ça ! Quand on est accroc aux jeux d’argent réel et qu’on est français, on peut se permettre d’attaquer le gouvernement de son pays, si on considère que les mesures nécessaires à son interdiction demandée n’ont pas été prise en compte.
C’est donc un citoyen français, originaire de Reims et âgé de 37 ans, qui a décidé de porter plainte contre le gouvernement français, en affirmant que ce dernier n’a pas pris les mesures nécessaires pour imposer son interdiction qu’il avait pourtant demandée à partir de sites de poker en ligne.
Et son avocat n’y va pas de main morte : « C’est bien beau de faire la morale sur les jeux en ligne mais nous savons tous qu’ils comptent sur la dépendance et la maladie des joueurs », a déclaré l’avocat du plaignant Emmanuel Ludot, à l’AFP.
Selon l’avocat, le ministère de l’intérieur aurait enregistré l’homme en question sous la mauvaise adresse. Ainsi, le joueur pouvait toujours s’inscrire à des sites de poker en ligne sans pour autant être signalé comme un joueur banni…
Rappelons que la loi française autorise les joueurs à s’inscrire volontairement dans une base de données que les casinos en ligne et autres sites internet de jeux d’argent réel se doivent de consulter à chaque fois qu’un internaute tente de jouer. Ceux qui sont inscrits sur cette base de données – le plus souvent des dépendants maladifs ou présentant d’autres problèmes liés aux jeux –ne sont pas autorisés à jouer. A l’heure actuelle, environ 36 000 citoyens français sont inscrits sur cette base de données.
Selon un rapport établi par l’AFP, le ministère de l’Intérieur n’a pas publié de déclaration sur l’affaire, celle-ci étant toujours en cours de procédure judiciaire.
Tandis que les joueurs français étaient en mesure d’accéder à des sites de jeux en ligne qui opéraient à l’étranger pendant un certain temps, les sites de jeux d’argent réel se sont multipliés dans le pays au cours de l’année passée, alors que le gouvernement français approuvait une régime de réglementation et d’octroi de licences pour ces sites internet. Certains s’opposaient à cette mesure, avançant le motif qu’elle pourrait permettre aux joueurs compulsifs d’accumuler des dettes de jeux. Les partisans de ce mouvement donnait pour garantie que la liste d’auto-interdiction permettrait de limiter ce genre de problèmes…
Cette histoire remet en cause la légitimité et la bonne foi de ce régime de réglementation. Cet homme reproche à l’Etat de ne pas avoir su le protéger et son psychiatre a déclaré qu’il « souffrait d’une pathologie sévère dont il doit être protégé ». Le plaignant réclame aujourd’hui 100 000 € à l’Etat français pour « perte financière, préjudice moral et psychologique ». Une première en France.


