
Quelques données sur les joueurs de machines
à sous dans les
casinos en ligne
et
casinos terrestres.
1/ les machines à sous…un jeu mixte
Dans
les casinos, les joueurs de machines à
sous sont avant tout des hommes (57%) sans pour
autant que l’on puisse qualifier ce jeu de
masculin dans la mesure où les femmes
représentent 43% de la population des
slotistes. En réalité, la prépondérance d’un
sexe sur l’autre dépend largement du moment de
la journée. Et du type de machine habituellement
utilisé (rouleaux ou vidéo poker). Les hommes
sont surtout majoritaires en nocturne alors
qu’en soirée et surtout en journée le
pourcentage des femmes rejoint pratiquement
celui des hommes, sans jamais toutefois le
dépasser.
La
distribution des hommes est pratiquement
homogène toute la journée au casino en ligne,
même s’ils sont proportionnellement moins
nombreux la journée, notamment par rapport à la
nocturne.
Par
ailleurs l’observation de la distribution selon
le type de machine utilisé donne les résultats
suivants : 59% des hommes jouent exclusivement
aux slots, 25% exclusivement au vidéo poker ;
alors que ; pour les femmes, 82% jouent
exclusivement aux slots et 8% exclusivement au
vidéo poker.
Notons également la présence de multi joueurs.
12% des joueurs de machines à sous jouent à la
fois aux rouleaux et aux vidéo pokers et ces
multi joueurs sont le plus souvent des hommes.
2/ un jeu de casino qui attire toutes les
catégories d’âge
Les
machines à sous séduisent toutes les catégories
d’âge de la population. Deux tranches se
détachent légèrement : les 20-30 ans qui
sont les plus nombreux, 24%, et les 40-50 ans,
20%. Les autres classes d’âge pèsent de 14 à
17%.
Seules les personnes du 4ème âge et
les moins de 18 ans représentent moins de 5% des
joueurs de machines à sous.
Le
regroupement des joueurs de casino par grandes
classes d’âge permet d’observer d’autres grandes
tendances. Les personnes qui ont passé la
cinquantaine pèsent autant que les moins de 30
ans, 29% chacun. Mais le plus gros effectif des
joueurs de machines à sous se situe chez les
adultes de 30 à 50 ans qui représentent 37% de
la population des slotistes.
L’âge des joueurs de casino en ligne varie
grandement en fonction du moment de la journée.
En nocturne nous trouvons surtout des 18-40 ans.
En soirée ce sont les 40-60 ans qui sont
majoritaires. En journée ce sont plutôt les
joueurs du troisième âge qui viennent tenter
leur chance.
En
ce qui concerne la répartition par âge selon le
type de machine a sous utilisé nous obtenons les
résultats suivants. Comme ils sont les plus
nombreux les joueurs de machine à sous sont les
plus nombreux quel que soit l’âge, mais il
existe des différences considérables de
« majorité » selon l’âge. On passe de 57% de
joueurs de machine à sous chez les 21-30
ans à 91% chez les plus de 70 ans. A partir de
21 ans la proportion des joueurs de machine à
sous augmente au fur et à mesure que l’on avance
dans les tranches d’âge.
Au casino,
pour les vidéo pokers la tendance s’inverse.
Plus les joueurs sont jeunes plus ils sont
nombreux à préférer les vidéo pokers.
Notons également un nombre non négligeable de
multi joueurs en ligne dans toutes les
catégories d’âge (12.5% en moyenne) mais c’est
chez les 40-50 ans qu’on en trouve le plus
(17%).
3/un jeu populaire dans la majorité des casinos.
59%
des joueurs de machines à sous exercent une
activité professionnelle. 41% des joueurs de
machines à sous ne travaillent pas (22% sont
retraités et 19% inactifs non retraités). Parmi
les joueurs qui travaillent 63% jouent aux slots
et 22% au vidéo poker, alors que parmi les
inactifs 79% préfèrent les machines à sous et
12% le vidéo poker. Il n’y a pas de segmentation
sociologique nette par type de jeu, même si
certaines préférences peuvent apparaître selon
la catégorie sociale. Les retraités les inactifs
non retraités et les employés s’adonnent plus
volontiers aux machines à sous que les autres
catégories sociales. De leur coté les artisans,
les commerçants, les cadres, les chefs
d’entreprises, s’intéressent nettement plus au
vidéo poker.
Les multiples facettes des
slots

Les slots
Les
pièces mécaniques ont pratiquement disparu des
machines à sous modernes. Elles sont désormais
commandées par des microprocesseurs. Le jeu
mécanique est simulé mais on a gardé le levier,
pourtant totalement inutile. On l’a même doté
d’une résistance pour faire plus vrai.
Pour
jouer sur une machine à sous il suffit – après
avoir introduit une pièce – d’appuyer sur une
touche pour lui donner l’impulsion minimale qui
lui permet de fonctionner. L’ensemble de cette
opération dure quelques secondes.
Un jeu simple
Le
jeu des machines à sous est très simple. Quand
on observe pour la première fois des joueurs de
machines à sous on ne comprend pas pourquoi ils
jouent. On croit qu’il n’y a rien. Certains
trouvent ça simpliste et même débile. Il n’y a
finalement aucun choix et aucune interactivité.
C’est un jeu bête. Et c’est souvent l’impression
première que l’on q a en regardant ou en jouant
pour la première fois. Mais quand on observe
attentivement les joueurs les sensations
évoluent. Il est fréquent d’en voir jouer avec
le plus grand sérieux commentant sans fin leurs
différents coups et les caprices de la machine
pour un jeu aussi bête, étonnant qu’il entraîne
autant de conversations.
En
réalité les machines à sous c’est une base
personnelle à l’imagination, a la réflexion, au
rêve. Si l’on se prend au jeu c’est ensuite
l’imagination qui travaille. Par exemple tout
est étudié pour laisser penser au joueur qu’il a
failli gagner, qu’il va bientôt gagner, qu’il va
bientôt gagner. Les figures et illustrations
(bar, cerises, cloches) qui apparaissent dans
les lucarnes de la machines à chaque rotation –
et qui doivent généralement s’arrêter sur une
ligne centrale de manière concomitante pour
faire gagner le joueur – se trouvent souvent
juste au dessus ou juste en dessous comme pour
dire : j’arrive au prochain coup. Ces figurent
et leur disposition ont pour double effet
d’énerver le joueur et de le stimuler.
L’intérêt ludique de la machine à sous c’est
qu’elle cache son jeu et n’accepte de se livrer
que si le joueur se trouve dans certaines
dispositions et dans un triple horizon :
d’attention, d’attente et d’intervention. Ainsi
le joueur récurrent est très actif. Il
intervient toujours avec différentes tactiques
plus ou moins élaborées ou instinctives. Il est
toujours entrain de vérifier quelque chose ou de
tenter de nouvelles expériences.
Après avoir défini un périmètre de
reconnaissance, le joueur se crée des règles de
comportement, d’action et de réaction. Règles
qui lui sont propres et qu’il actualisera en
fonction de ses connaissances nouvelles, glanées
dans l’expérience du jeu, dans la discussion
avec d’autres joueurs ou dans le dialogue
ludique éternellement recommencé qu’il
entretient avec lui-même, avec le hasard, avec
la machine. A partir de ce moment le jeu des
machines à sous devient passionnant et
comportent des antinomies stimulantes : un jeu
répétitif mais varié, un jeu où l’on a de fortes
probabilités de perdre mais où l’on peut à
chaque fois gagner ; un jeu solitaire à
forte sociabilité ou le joueur se sent libre.
Le choix de la machine
Le
joueur doit avant tout choisir « sa » machine et
beaucoup ont une machine attitrée qu’ils
préfèrent à toutes les autres. Ce choix ne
d’effectue pas seulement en fonction de
l’emplacement. Deux machines située au même
endroit n’ont pas forcément le même taux
d’occupation. « Il y a des machines qui plaisent
plus que d’autres. Il y en a qui sont plus
excitantes mais ce n’est pas pour ça qu’elles
vous donnent plus » (joueur, casino de
Deauville).
La
première chose c’est le programme, la fréquence
des paiements. Ensuite le coté agréable des
symboles qui décorent les machines à sous. Les
joueurs occasionnels ont plutôt tendance à
utiliser les machines à sous dont les
illustrations sont les plus ludiques. Les
habitués, qui connaissent les caractéristiques
ludiques de la machine et ses combinaisons
gagnantes, préfèrent les appareils plus sobres
avec les 7, Bar, Cloches.
La
machine est choisie parce qu’elle plait mais
surtout parce qu’elle a déjà payé.
Quand ils ont déjà gagné sur une machine les
joueurs y sont attachés. Elle leur à porté
chance. Ils souhaitent rejouer dessus. C’est
leur machine. Si le jouer aime bien jouer sur
une machine qu’il connaît, c’est aussi parce
qu’il gravite dans un univers ludique connu et
en partie maîtrisé. Car si le fonctionnement
d’une machines à sous est fort simple, son
tableau de paiement, qui répertorie toutes les
combinaisons gagnantes, est relativement
complexe. Et comme le joueur essaie de suivre
ces combinaisons gagnantes, une bonne
connaissance des multiples configurations
ludiques de la machine est un atout précieux
pour mieux jouer. En jouant toujours sur la même
machine, le joueur finit par très bien la
connaître et peut tenter de prévoir la
périodicité de sortie de ses combinaisons.
Mais
le joueur récurrent s’essaie sur plusieurs types
de machines. S’il a ses préférées, il peut
ponctuellement tenter de se refaire sur d’autres
appareils. Le jouer de machine à sous récurrent
finit par avoir un rapport ludique intime avec
chaque machine. En outre il n’hésitera pas à
tenter les slots nouvellement installées. Avec
un nouveau modèle, outre le plaisir de la
découverte, le joueur se refait une virginité
sur le terrain de la chance et repart à zéro
dans son rapport au hasard.
Concernant le choix des machines, il faut
également souligner que sil es joueurs ont une
grande constance et une grande fidélité envers
certaines machines, il existe même chez les
habitués, une part de mystère dans ces
préférences. Souvent la subjectivité ludique
spontanée semble le seul critère de sélection
des machines à sous qui savent néanmoins se
faire désirer par des illustrations joyeuses et
colorées qui symbolisent des univers dorés,
festifs, aventuriers…
Dans
certains casinos la rareté ou la trop grande
abondance des machines à sous peut également
influer sur le choix de l’une d’entre elles.
Quand toutes les machines sont prises le joueur
ne peut pas choisir sa machine. Il « choisira »
alors la première machine inoccupée. Inversement
dans une salle où l’offre de machines est
importante le jouer ayant l’embarras du choix
peut souvent ne pas faire l’effort de choisir.
C’est à nouveau le hasard qui sera le principal
acteur de sa décision finale.
Stratégies ludiques
En
fait pas si simple de jouer à un jeu simple. Une
fois passée l’hypothétique chance du débutant,
le joueur de machines à sous prend différentes
habitudes, entre petit à petit dans le jeu et
donne un sens à chaque évènement. C’est le
rendez vous avec le hasard.
L’imagination de chaque joueur entre alors en
action. Il faut définir une stratégie qui tienne
compte de multiples paramètres : disponibilité
des machines, mises de départ, durée de la
présence dans le casino, historique des gains de
la machine…
Mais
la stratégie slotiste comporte aussi de nombreux
paramètres subjectifs. Dans la tradition des
jeux de table certains notent les combinaisons
sortantes et disent : »si la machine a donné ça,
ensuite elle va donner ça ». il y a la théorie
ambivalente du temps : la machine donne ou ne
donne pas tel jour ou à telle heure.
Bien
sur la machine va payer, mais quand ? il faut
trouver le bon cycle : « que le hasard vous
serve, mais préparez vous à l’accueillir » cette
phrase d’Alain résume à elle seule toute
l’ambivalence des machines à sous. Malgré la
faible fréquence de sortie des combinaisons
gagnantes chaque coup peut être le bon, même si
la majorité des coups sont perdants. C’est
l’aspect stimulant et inattendu du jeu. En
quelques instants, sans avoir rien fait ou
presque, le joueur peut gagner 2000, 10.000
euros et puis plus rien pendant une heure.
Inversement quelques bonnes combinaisons
transforment en quelques secondes le joueur
malheureux en gagnant.
En
décrochant un jackpot
intermédiaire, le joueur peut se refaire en une
seule fois de plusieurs heures de déveine. Avec
un beau jackpot progressif, le joueur chanceux
peut même se refaire de plusieurs années de
pertes et éventuellement faire fortune dans les
casinos les plus prestigieux et qui offrent
parfois des pactoles dignes du roi Midas.
En
outre les constructeurs ont imaginé des dizaines
de solutions intermédiaires entre le gros lot et
la perte sèche. Ces victoires éphémères
rassurent et renflouent le joueur. Au niveau
comptable il n’a pas gagné mais il peut
continuer à jouer, c’est l’essentiel.
Mais
si le bandit manchot – qui mérite bien son nom –
achève souvent sa consentante victime en
quelques heures, il lui arrive de mettre
beaucoup moins de temps. A chaque partie, le
joueur de slots affronte un système informatique
aléatoire qui n’a ni complexes ni états d’âme et
qui est très patient. S’il veut durer et ne pas
avoir en permanence la fâcheuse impression
d’être un loser en train de se faire plumer le
joueur récurrent doit intervenir.
